Dana Rappoport

Dana Rappoport

danarapp@cnrs.fr

Chercheur.e statutaire

Statutaire / Habilitée à Diriger des Recherches / rattachement : CNRS / Ethnomusicologie / Indonésie : Sulawesi, FloresInstitution de rattachement principal : Centre Asie du Sud-Est

English Below

Dana Rappoport étudie les musiques de l’archipel indonésien à partir de deux terrains d’enquête ethnographique, sur les îles de Sulawesi et de Flores. Ces deux terrains ont pour singularité d’être restés relativement à l’écart des grands royaumes hindo-bouddhiques et des sultanats malais du sud-est asiatique qui ont jusqu’ici polarisé les travaux sur l’Asie du Sud-Est insulaire. Trop souvent ignorée par l’anthropologie, les pratiques d’oralité des petites sociétés étudiées se révèlent pourtant comme un champ d’analyse extrêmement fécond pour saisir les relations, les formes d’action, d’interaction, l’histoire et les valeurs à l’œuvre dans ces groupes. Par une observation combinant anthropologie et musicologie formelle, la recherche vise à montrer les caractéristiques de ces musiques qui s’inscrivent dans un archipel à l’histoire musicale fragmentée. Ces sociétés, de langues différentes, présentent des densités plus faibles, des systèmes politiques moins centralisés et remarquablement indépendants les uns des autres. Leurs musiques ont des attributs communs qu’elles ne partagent pas avec les cultures indianisées ou islamisées d’Indonésie.

Une des questions qui sous tend sa recherche est celle du fondement de l’expérience musicale. Qu’est-ce qui engage les humains à musiquer, à produire des formes sonores organisées ? En Indonésie, la musique est enracinée dans le rituel dont elle n’est ni une décoration ni une récréation, mais une action indispensable. Que fait donc la musique et comment cerner son action ? Il s’agit d’explorer la musique au plus près des villages par l’étude des pratiques, des systèmes musicaux, des répertoires, des rituels, des goûts, des émotions et plus généralement, des modes d’oralité qui caractérisent les relations sociales.

Après avoir consacré une grande partie de ses travaux aux musiques rituelles toraja, ses enquêtes se déploient vers les petites sociétés de l’Est insulindien situées au point de rencontre de deux grands fonds linguistiques, austronésien et papou. Marqué par une très forte diversité ethnolinguistique, l’Est insulindien constitue-t-il une aire culturelle à part entière que la musique pourrait contribuer à cerner ? On commence tout juste à entrevoir que les formes musicales de l’Est insulindien concentrent une série de particularités musicales bien différentes du reste de l’archipel. Une étude synoptique des pratiques musicales vise à identifier la structuration de cette aire largement sous documentée qui pourrait contribuer à l’étude du peuplement de la zone.

 

Dana Rappoport studies the musical traditions of the Indonesian archipelago through ethnographic fieldwork conducted in two locations: the islands of Sulawesi and Flores. These two locations remain relatively isolated from the great Hindu-Buddhist realms and the Malay sultanates of insular Southeast Asia, which have so far dominated research on the region. Too often ignored by anthropology, the oral traditions of small, rural societies are extremely fruitful fields to analyze, revealing the relationships, forms of action or interaction, the history and the values at work within these groups. Combining techniques of observation and analysis from anthropology and formal musicology, Dana Rappoport’s research seeks to bring out the characteristics of these musical systems, which are a part of the fragmented musical history of the archipelago. These societies, which speak different languages, are characterized by lower densities and less centralized political systems, leaving them remarkably independent from each other. Their musical productions have common attributes that are distinct, not shared with the Indianized or Islamized cultures of Indonesia.

One of the questions running throughout her research is that of the foundation of the musical experience. What leads humans to make music, produce organized sonic forms? In Indonesia, music is rooted in ritual, where it is neither decoration nor recreation, but rather an indispensable action. What does music do, then, and how can we grasp its action? The aim is to explore music as closely as possible through study of practices, musical systems, repertories, rituals, tastes, and emotions, and more generally, through studying the modes of orality that characterize social relationships.

After devoting a large part of her work to the ritual musical productions of the Toraja, Rappoport’s studies are now aimed at the small societies of Eastern Insulindia, located at the contact point between two major linguistic families, Austronesian and Papuan. Is Eastern Insulindia, characterized by great ethno-linguistic diversity, a cultural area properly speaking that music could help us to grasp? We are just now beginning to discern that the musical forms of Eastern Insulindia gather together a series of musical particularities that are quite different from the rest of the archipelago. A synoptic study of the musical practices aims to identify the structuring of this largely under-documented area, which may contribute to the study of the history of settlement in the region.

 

 

Recherche en cours sous forme de texte

  1. Musique et anthropologie sociale en Insulinde orientale / Music and social anthropology in islands Southeast Asia
  2. Musiques de l’Est insulindien : entre monde austronésien et papou / Music of eastern Insulindia: between the Austronesian and Papuan worlds
  3. Sémiologie du fait musical / Semiology of music

 

Responsabilités

  • Membre du comité éditorial de la revue Archipel
  • 2021-2024 : Référente française du projet DECOSEAS, Decolonizing Southeast Asian Sound Archives, Cultural Heritage, Identities and Perspectives : responding to Changing Societies, Joint Programming Initiative (JPI) on Cultural Heritage and Global Change supported by the European Union’s Horizon 2020 Research and Innovation Programme. France, Pays Bas et Royaume Uni
  • 2019-21 :  Partenaire de l’ANR POPEI-Coll "Politiques culturelles, patrimoines locaux  et approches collaboratives" (https://anrpopei.wixsite.com/anr-popei    
  • Co-responsable de la chaîne Youtube sur les patrimoines de l’île d’Atauro (Timor-Leste) https://www.youtube.com/channel/UCLi0n1LHrw5fO5jPIPkqDxg
  • 2014-2017 - Codirectrice du Centre Asie du Sud-Est
  • 2016-18 - Responsable du Projet Autoritas, Modes d’autorité et conduites esthétiques de l’Asie du Sud à l’Insulinde https://sites.google.com/site/autoritasprogramme/

 

Enseignement

 

Bibliographie sélective mise à jour

 

CD, film et archives musicales

 

Articles

Ouvrages

Direction d'ouvrages ou de revue

  • 2015 L’Est Insulindien, en collaboration avec Dominique Guillaud, Archipel 90,  331 pages.
  • 2015 Le goût musical, en collaboration avec Nathalie Fernando, Cahiers d’Ethnomusicologie 28,  328 pages.
  •  2010 Musiques d’un Archipel, numéro spécial de la revue Archipel 79, Paris, Association Archipel, 288 pages (en collaboration avec Jérôme Samuel).

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