Groupe recherche Birmanie

Responsables : Stéphen Huard (EHESS, CASE) Bénédicte Brac de la Perrière (CNRS, CASE) Aurore Candier (Université Paris-Est Créteil, CASE) Chloé Bails (EPHE, GSRL-CASE) Maxime Boutry (CASE)

Un mardi par mois, de 10h30 à 12h30, du 18 octobre 2022 au 16 mai 2023

Salle 327 du Centre Asie du Sud-Est (EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers) et en hybride sur la plateforme BigBlueButton

Organisateurs

Stéphen Huard (EHESS, CASE)
Bénédicte Brac de la Perrière (CNRS, CASE)
Aurore Candier (Université Paris-Est Créteil, CASE)
Chloé Bails (EPHE, GSRL-CASE)
Maxime Boutry (CASE)

Le séminaire se tiendra un mardi par mois de 10h30 à 12h30 dans la salle 327 du Centre Asie du Sud-Est (EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers) et en hybride sur la plateforme BigBlueButton : https://bbb.ehess.fr/b/ste-fgz-e1u-5d8

Le groupe de recherche Birmanie (GRBirmanie) propose de réunir géographes, sociologues, anthropologues, linguistes et historiens, afin de réfléchir à la politique de l’enquête en contexte autoritaire, à partir du cas birman marqué par une nouvelle crise politique aiguë depuis le coup d’État de 2021. Au-delà de ce moment de rupture, ce séminaire part du constat qu’une réflexion sur nos pratiques d’enquête s’impose afin d’évaluer et de spécifier les effets du contexte politique sur nos enquêtes et nos terrains dans le temps long. Il s’agira notamment d’approfondir nos réflexions entamées sur les questions 1) des liens entre réflexivité, émotion et censure en contexte de violence, 2) des pratiques d’enquête à distance et 3) les choix stratégiques, politiques et épistémologiques dans la réorientation des recherches face aux coups d’État. 
            Notre objectif principal est de spécifier les conditions d’enquête en Birmanie par un échange entre différentes générations de chercheur·ses. Pour ce faire, nous organisons ce séminaire autour de différents thèmes et questions que les intervenants articuleront à leur présentation tout en exposant leur parcours de recherche et/ou des moments et des relations significatives de ce parcours. Il s’agira notamment : de spécifier la notion de contexte autoritaire en Birmanie à partir des terrains d’enquête, tout en s’interrogeant sur les façons dont le coup d’État modifie ou non les règles du jeu politique qui informent nos recherches ; de questionner comment le choix d’un terrain, d’une méthodologie, d’une discipline affecte la prise en compte des émotions et reconfigure les enjeux éthiques de nos enquêtes ; d’aborder les formes d’engagement dans la recherche, des terrains traditionnellement ethnographiques aux enquêtes collectives, à distance, ou inscrite dans des dispositifs institutionnels orientés vers le changement social (recherche-action, IONG, etc.). 
            Ce séminaire se pose donc comme un espace pour réfléchir aux façons dont le contexte politique dictatorial en Birmanie affecte les différents moments de l’enquête, de sa préparation aux modalités de restitutions en passant par l’exercice difficile du terrain, tout en abordant des questions clefs (suspicion, délation, protection, violence, corruption, (auto)censure) auxquelles sont confrontés les chercheur·ses. L’enjeu est donc pour nous de raviver les études birmanes, à partir d’un nécessaire travail réflexif avec les chercheur·ses engagé·es dans ce champ, en faisant dialoguer spécialisation aréale et politique de l’enquête en contexte autoritaire.


The Groupe Recherche Birmanie (GRBirmanie) proposes to bring together geographers, sociologists, anthropologists, linguists and historians to reflect on the politics of research in an authoritarian context, based on the case of Burma, which has been marked by a new and acute political crisis since the coup d'état of 2021. Beyond this moment of rupture, this seminar starts from the observation that a reflection on our practices of investigation is necessary in order to evaluate and specify the effects of the political context on our research and our fields in the long run. In particular, we will deepen our reflections on 1) the links between reflexivity, emotion and censorship in the context of violence, 2) the practices of remote investigation and 3) the strategic, political and epistemological choices in the reorientation of research in the face of coups. 
            Our main objective is to specify the conditions of inquiry in Burma through an exchange between different generations of researchers. To this end, we are organizing this seminar around different themes and questions that the speakers will articulate in their presentation while exposing their research path and/or significant moments and relationships of this path. In particular, the seminar will aim to: to specify the notion of authoritarian context in Burma from field research, while questioning the ways in which the coup d'état modifies or not the rules of the political game that inform our research; to question how the choice of a field, a methodology, a discipline affects the consideration of emotions and reconfigures the ethical stakes of our investigations; to address the forms of engagement in research, from the traditionally ethnographic fields to collective, remote surveys, or institutional arrangements oriented towards social change (action research, IONG, etc.). 
            This seminar is therefore a space to reflect on how the political context in Burma affects the different moments of the investigation, from its preparation to the modalities of restitution, and through the difficult exercise of fieldwork, while addressing key issues (suspicion, denunciation, protection, violence, corruption, (self)censorship) that researchers are confronted with. The challenge for us is therefore to engage a necessary reflexive work with researchers working in the field of Burma studies.


Programme du séminaire :

18 octobre 2022 : Stéphen Huard (EHESS, CASE), « Ethnographie et engagement en contexte autoritaire. Comment les situations vécues sur le terrain en permettent l’analyse ? » ; François Robinne (CNRS, IRASIA), « De l'autre côté de la frontière. Quelles formes de socialisation dans un contexte de désocialisation totalitaire ? »

15 novembre 2022 : Alexandra de Mersan (INaLCO, CASE) & Céline Allaverdian (AgroParisTech-PRODIG, Université de Montréal), « Des absences aux invisibilités : analyse réflexive des pratiques de recherche et enjeux épistémologiques pour les études birmanes »

13 décembre 2022 : Renaud Egreteau (City University of Hong Kong, CASE) & Morgane Dussud (SOAS), « Risques méthodologiques, épistémologiques et physiques de l’enquête en Birmanie »

17 janvier 2023 : Maxime Boutry (CASE), « "C’est pas l’homme qui prend la mer… " : du ‘choix’ d'un sujet à la définition d'une trajectoire de recherche en terrains contraints »

21 février 2023 : Bénédicte Brac de la Perrière (CNRS, CASE) & Alice Vittrant (CNRS, Université Lyon 2 DDL), « Comment qualifier les relations de terrain en régime autoritaire ? »

21 mars 2022 : Programme à venir.

18 avril 2023 : Aurore Candier (Université Paris-Est Créteil, CASE), Lauriane Simony (Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3), Jacques Leider (EFEO), Louise Pichard-Bertaux (MAP) et Alexandra de Mersan (INaLCO, CASE), « Étudier la Birmanie au travers de sources écrites se trouvant hors du pays : apports et questionnements méthodologiques »

16 mai 2023 : Programme à venir

Le séminaire se tient en salle A327 du Centre Asie du Sud-Est, EHESS-Condorcet, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers et en hybride sur la plateforme BigBlueButton : https://bbb.ehess.fr/b/ste-fgz-e1u-5d8