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Les conférence de l’AEFEK (Association d’Échanges et de Formation pour les Études Khmères)

Grégory Mikaelian (Centre Asie du Sud-Est, UMR 8170, CNRS/EHESS/INALCO): « Orientaliste, rebelle, anarque ? Retour sur le parcours de Au Chhieng (1908-1992), savant cambodgien contempteur du Protectorat »

Vendredi 17 juin à 18 h Institut national des langues et civilisations orientales, 65 rue des Grands Moulins, Amphithéâtre 6

 Les conférence de l’AEFEK

 

(Association d’Échanges et de Formation pour les Études Khmères)

 

 

Vendredi 17 juin à 18 h

 

Institut national des langues et civilisations orientales

 

65 rue des Grands Moulins, Amphithéâtre 6

 

 

Grégory Mikaelian (Centre Asie du Sud-Est, UMR 8170, CNRS/EHESS/INALCO): « Orientaliste, rebelle, anarque ? Retour sur le parcours de Au Chhieng (1908-1992), savant cambodgien contempteur du Protectorat »

 

Si l’histoire contemporaine du Cambodge reste mal connue c’est notamment parce que les élites qui l’ont en partie faite sont trop peu étudiées. Politiques, militaires, religieux, savants, compradores sont appréhendés en tant qu’individus quand ils se vivent comme parties prenantes de communautés hiérarchisées essentiellement structurées par l’alliance et la parenté. En outre, seules les plus connues de ces élites attirent l’attention d’une profession qui, éblouie par les lumières du tableau de l’histoire, en évacue facilement les ombres. Au Cambodge peut-être plus qu’ailleurs, les hommes de l’ombre se révèlent pourtant dignes d’intérêt, parce qu’ils permettent de battre en brèche la doxa historiographique en révélant des pans d’une histoire jusque-là ignorée, mais aussi parce que, en marge de la société élitaire, ils en cristallisent plus nettement les potentialités comme les contradictions.

 

C’est à cet exercice d’archéologie des élites que l’on voudrait contribuer en soulevant le voile qui recouvre la figure de Au Chhieng, premier des savants cambodgiens, formé par les meilleurs orientalistes parisiens dans les années 1930. De nos jours, ce nom n’est connu que d’une petite communauté de chercheurs qui étudient la civilisation du Cambodge ancien et moderne. Au Cambodge même, l’on compte sur les doigts des deux mains les personnes qui en reconnaissent l’importance. Au Chhieng n’est pourtant pas seulement ce grand savant orientaliste qui formula la nécessité d’établir une connaissance scientifique du Cambodge, la « khmérologie », en posant en quelque sorte les fondements. Il est aussi celui qui, dans un tout autre domaine, parvint à démontrer l’illégalité du Protectorat français sur le Cambodge. Sa thèse de droit, Fondement du deuxième traité de protectorat français sur le Cambodge (1941) dénonce en effet la domination politique imposée par la République française sur le royaume khmer à l’issue du coup de force de 1884 mené par le gouverneur de Cochinchine Charles Thomson. Mais l’argumentation, rigoureuse, lui valut une mise à l’index de la part des autorités métropolitaines, sa thèse fut mise au pilon et son doctorat cassé. Meurtri, blessé, il se coupa progressivement de sa famille et du Cambodge comme des milieux orientalistes parisiens. La très grande discrétion dont il s’entoura et le souhait manifeste de se replier sur l’étude et l’enseignement de la philologie du khmer ancien sans presque rien publier évoquent alors différentes figures du retrait intérieur : celle du grū traditionnel cambodgien, qui se retire du monde en emportant son savoir dans ses cendres, ou celle de l’anarque européen, contemplant la fourmilière des hommes depuis son Aventin, à l’abri des puissances nihilistes dont il avait fait, justement, l’amère expérience.

 

 

Suivie d’une vente de livres

 

- Livres et revues édités et distribués par l’Association Péninsule.

 

- Livres et revues édités et distribués par l’Association des Amis de Yosothor.

 

- Nombreux livres d’occasion à bas prix, en khmer, français ou anglais, traitant du Cambodge, au profit de l’Association des Amis de Yosothor.


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