Séminaires et manifestations scientifiques | Archives des actualités

 

Cycle d’ateliers de réflexion "Diversité des transactions non marchandes et dynamiques des rapports sociaux en Asie du Sud-Est et au-delà."

Atelier 3 - Mise au point conceptuelle Circulation dans et/ou hors marché: de quoi parle-t-on et comment en parler ?

Date : 27 février 2019 Lieu : EHESS, 54 bld Raspail, 75006, Paris, salle 737

Organisateurs :  Vanina Bouté (Anthropologue, CASE – Université de Picardie) ; Stephen Huard (Anthropologue, University of East Anglia-CASE) ; Emmanuel Pannier (Anthropologue, PALOC, IRD/MNHN, CASE)

Contacts : vaninaboute@gmail.com ; huard.stephen@gmail.com ; 
manuelpannier@yahoo.fr

Dans le sillage de Marcel Mauss, un certain nombre de chercheurs ont abordé le phénomène de la circulation non marchande de biens et de services surtout en vue d’identifier l’essence du don et les principes communs de cette forme de circulation distincte des flux marchands et étatiques. Tout en soulignant l’existence d’une pluralité des formes de dons et l’historicité de leurs manifestations, la démarche consiste à saisir cette diversité derrière l’appellation commune « don » ou « don-échange ».

C’est sur ce point que se distinguent d’autres chercheurs qui incitent à opérer une distinction, au sein du large champ de la circulation non marchande, entre ce qui relève du registre du don et ce qui relève d’autres formes de transferts. En déconstruisant l’objet « don », ils cherchent des pistes méthodologiques adéquates pour désigner, décrire et analyser les formes de transferts non marchands dans leur hétérogénéité empirique. L’une de leurs préoccupations centrales étant de définir rigoureusement, et donc de distinguer, les différents types de transferts existants : s’agit-il de don, d’échanges, de crédit informel, de dette morale, de transactions non marchandes, de prestations totales, d’échange-don, de redistribution ou encore d’une autre forme sociale à définir ? 

Ce sont ces questionnements que nous souhaitons reprendre et interroger dans le cadre de l’Asie du Sud-Est avec l’ambition de décrire la pluralité empirique des formes de transferts tout en restant attentif à l’existence possible de principes ou de propriétés les réunissant dans un même champ.

Après deux journées consacrées à des études de cas visant à saisir en priorité la diversité des expressions de la circulation non marchande de biens et de services en Asie du Sud-Est, il est apparu nécessaire de faire une mise au point conceptuelle et méthodologique. 

En confrontant nos études de cas, nous avons rencontré un problème épistémologique, celui consistant à trouver le terme adéquate pour désigner les types de transferts observés empiriquement sur nos terrains et le champ dans lequel ils s’inscrivent. Nous avons a été rassemblés au départ derrière les catégories de "circulation non marchande" et de "transaction non marchande", en considérant que les transferts que nous étudions relevaient du même champ, car ils se déroulent en dehors du marché ou fonctionnent selon des logiques non marchandes (ce qui est déjà deux choses différentes et dévoile, dès le départ, des confusions et des malentendus). 

Or, on s’est rendu compte au fil des échanges que ce n’est pas si simple : on ne sait pas clairement quels sont les contours de la « circulation non marchande », on ne parle peut-être pas tous de la même chose, et, plus simplement, on ne sait pas encore comment désigner et définir précisément les transferts concrets dont nous parlons et le champ dans lequel il s’inscrivent. N’est-il pas possible de les définir par ce qu’ils sont plutôt que par ce qu’ils ne sont pas ? Leur dimension personnelle suffit-elle à les distinguer des échanges marchands théoriquement impersonnels mais souvent (re)personnalisés ? Comment élaborer des distinctions précises entre les formes de transferts tout en prenant en compte la porosité entre marchandise et don, ou encore les articulations entre les logiques/valeurs marchandes et les logiques/valeurs des relations interpersonnelles ? 

Face à ces questions et en vue de définir un cadre d’analyse commun pour désigner, décrire et appréhender les transferts observés et les rapports sociaux impliqués, il nous a semblé utile de présenter et de discuter collectivement certains auteurs qui se sont penchés sur la question. La journée sera structurée autour de deux questions :

 

- De quoi parle-t-on exactement ? La catégorie « non-marchand » est-elle pertinente ? Que recouvre-t-elle précisément ? Permet-elle de désigner et d’englober l’ensemble des formes de transferts observées empiriquement ? 

 

- Comment rendre compte des transferts observés : quels termes employer et quelle grille d’analyse mobiliser ?

 
8h30

Accueil des participants

Session 1 : Formes de circulation et typologie

9h

Les cadres conceptuels et méthodologique d’Alain Testart et de Florence Weber : vers une proposition d'une grille de lecture des transferts (Emmanuel Pannier, PALOC, IRD-MNHN)

9h45

La question de la dette chez Graeber (Stephen Huard, University of East Anglia-CASE)

10h30

Qu’est-ce que le « marchand » : présentation du concept (Pierre Alary - CLERSE, Univ. de Lille 1)

11h

Pause-café

11h15

Session 2 : La valeur de ce qui circule et les valeurs qui circulent

Politiques de la valeur selon Appadurai et Graeber (Vanina Bouté,  CASE – Université de Picardie)

12h

L’approche de la valeur de Joel Robbins mise en perspective avec un terrain de recherche en Nouvelle Guinée (Solenne Couppé, CASE - EHESS)

12h30

Discussion générale

13h

Clôture

 

Centre Asie du Sud-Est (CASE)

UMR CNRS/EHESS 8170

54 boulevard Raspail
(6e et 7e étages)
75006 Paris

Métro : Saint Sulpice, Saint Placide, Sévres-Babylone

Tél. secrétariat :

33 (0)1 49 54 83 24
Fax : 33 (0)1 49 54 83 25

Courriel : dir.case@ehess.fr

 

Bibliothèque Archipel-CASE 

Maison de l’Asie

22 avenue du Président Wilson, 75116 PARIS

Métro : Iéna, Trocadéro

Tél : 33 (0)1 53 70 18 21
Fax : 33 (0)1 53 70 18 63